Dressée sur une pente tournée vers le fleuve Douro, l'Église, dédiée à l'apôtre Saint-André, à Ancede, était à la tête d'un vaste patrimoine religieux, spirituel et économique.
La lettre d'érection de terre, datée de 1141, définit les limites d'une zone considérable de pouvoir, à partir de laquelle les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin menèrent un important travail d'humanisation.
Mais leur zone d'influence dépassa largement les limites monastiques et celles de la seigneurie. L'acquisition de patrimoine foncier et de certains droits, le long de la vallée du Douro, permit aux moines de profiter de l'exploitation des ressources naturelles et, en particulier, de la manipulation de techniques pour créer un entrepôt commercial important, basé sur la production et l'exportation de vins et sur l'administration de loyers advenant du considérable ensemble de propriétés qu'ils possédaient au nord et au sud du Douro.
Par conséquent, la légende expliquant le nom Ancede et l'hypothétique transfert du noyau monastique, initialement installé à Ermelo, semblent peu probables. La voix du peuple dit que le roi Afonso Henriques, premier roi du Portugal, autorisa le déplacement des moines à cause de la plainte qu'ils avaient déposée, à savoir : "ils avaient soif ["sede" en portugais]", car le lieu-dit d'Ermelo était pauvre en eau.
Alors "s'ils ont soif, qu'ils aillent autre part", répondit le monarque. Ce n'était pas le cas et, même si c'était le cas, les techniques et le savoir monastique auraient résolu ce problème et d'autres questions encore. Le siège actuel de l'Église et du complexe monastique en est un exemple, car il a été profondément modifié depuis le Moyen Âge et bien desservi par des canaux et aqueducs, permettant d'assurer l'approvisionnement en eau à ses habitants.
Il n'existe que de très rares vestiges de la période médiévale. L'élément le plus significatif est la rosace romane, tardive, qui est conservée sur le mur du fond du sanctuaire de l'Église et une partie du parement de l'élévation latérale nord du chevet.
Tout le reste du corps ecclésial, le Monastère et les dépendances monastiques sont déjà le résultat des mouvements artistiques qui marquèrent les périodes du XVIe au XIXe siècle.
Le Monastère d'Ancede constitua, depuis presque sa création et jusqu'à son extinction en 1834, un domaine assez prospère. Cependant, deux périodes sont particulièrement importantes dans l'histoire du bâtiment : le tournant du Moyen Âge à l'ère moderne (XVe et XVIe siècle) et le XVIIIe siècle.
La première est marquée par le rapprochement des prieurs à la ville de Porto, en bénéficiant de la proximité de cette capitale du nord pour la vente du vin et d'autres produits à travers Ancede. La deuxième, malgré l'intégration dans le patrimoine du Couvent Saint-Dominique de Lisbonne, en 1559, est, à partir de 1689, marquée par le début de la construction d'une nouvelle Église, avec la fusion des temples monastiques et des paroissiens, avec la construction ou la reconstruction de divers bâtiments dans l'orbite du Monastère.
Parmi tous ces travaux, le plus important est la construction de la Chapelle de Notre-Seigneur de la Bonne Délivrance, édifiée dans le vaste parvis de l'Église, contiguë au mur qui sépare la zone des caves et d'autres bâtiments à usage agricole.
Il s'agit d'un petit temple, avec un plan octogonal, construit en 1731, et qui donne expression à un programme artistique baroque, un peu extravagant, avec des scènes de la vie de Marie, de l'enfance du Christ et de la Passion du Christ, dont la plupart se rapporte aux mystères contenus dans le Rosaire, des scènes qui plaisaient à l'ordre dominicain, responsable de tout le programme iconographique de la Chapelle.
En ce qui concerne l'Église, il faut souligner les éléments suivants : la croix de procession du XIVe siècle ; la sculpture de Sainte-Lucie et le triptyque de Saint-Barthélemy, des pièces datant du début du XVIe siècle, d'origine flamande ; l'ensemble de peintures qui invoque le chemin de croix et la Passion du Christ, des œuvres de la deuxième moitié du XVIIe siècle ; les collections sculpturales dispersées entre l'Église et la sacristie, de matrice baroque et exécutées entre le milieu du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle.
Il convient également de souligner la tête sacrée d'Ancede. Un sac en argent, sans ornements, cache une partie d'un crâne humain qui aurait appartenu à un ancien chanoine régulier d'Ermelo, qui, en vie, guérissait la colère, puis, après sa mort, ses reliques avaient la réputation d'être miraculeuses.
L'ensemble monastique est vidé de son capital humain en 1834, étant acquis l'année suivante par José Henriques Soares, plus tard baron d'Ancede, un important homme d'affaires et politicien libéral.